đŸ˜±đŸ’” « TU SORS AVEC MA PETITE AMIE ?! » — hurla un jeune homme modeste lorsqu’un riche homme aux cheveux gris et aux tatouages lui montra des photos d’une magnifique blonde. Mais le pire fut rĂ©vĂ©lĂ© lorsqu’il ouvrit les documents bancaires ! đŸ˜šđŸ”„

Daniel avait trente-quatre ans.

Il travaillait comme rĂ©parateur d’appareils Ă©lectromĂ©nagers. Il ne portait pas de costumes coĂ»teux, ne conduisait pas de voitures de sport et n’essayait jamais de paraĂźtre plus riche qu’il ne l’était rĂ©ellement.

Il avait les cheveux chùtains, un caractÚre calme et un petit appartement dont il remboursait encore le crédit.

Il avait rencontrĂ© Sophie trois ans plus tĂŽt, lors de l’anniversaire d’une connaissance commune.

 

Elle avait alors vingt-neuf ans.

Elle Ă©tait arrivĂ©e dans une simple robe bleu clair, avait ri Ă  ses plaisanteries et lui avait elle-mĂȘme demandĂ© son numĂ©ro de tĂ©lĂ©phone.

Pendant longtemps, Daniel avait eu du mal Ă  croire qu’une femme aussi belle puisse s’intĂ©resser Ă  lui.

Les premiers mois avaient été merveilleux.

Ils se promenaient le soir, prĂ©paraient des dĂźners ensemble et faisaient des projets d’avenir.

Puis Sophie avait commencĂ© Ă  travailler, selon ses propres mots, dans une agence spĂ©cialisĂ©e dans l’organisation d’évĂ©nements privĂ©s.

Des robes coĂ»teuses, des sacs de luxe, des voyages et d’interminables rendez-vous professionnels avaient alors fait leur apparition.

— Nous avons des clients fortunĂ©s, expliquait-elle. Parfois, ils nous offrent des cadeaux pour nous remercier de notre bon travail.

Daniel était fier de sa réussite.

Lorsqu’elle avait achetĂ© une nouvelle voiture, il avait mĂȘme rapportĂ© un gĂąteau Ă  la maison pour fĂȘter l’évĂ©nement.

Et maintenant, il Ă©tait assis face Ă  un homme qui affirmait que tout cela n’était qu’un mensonge.

— Pourquoi ne savais-tu rien de mon existence ? demanda Daniel à Victor.

— Sophie m’avait racontĂ© qu’elle avait rompu avec son ancien petit ami depuis longtemps. Elle disait qu’elle ne voulait pas se marier et qu’elle prĂ©fĂ©rait rester indĂ©pendante.

— Et cela te convenait ?

Victor haussa les épaules.

— J’ai divorcĂ© il y a sept ans. Je ne cherchais pas une nouvelle Ă©pouse. Mais cela ne signifie pas que j’acceptais qu’on me mente.

Il expliqua qu’il avait rencontrĂ© Sophie lors d’une soirĂ©e caritative.

Elle lui avait fait une forte impression.

Intelligente, belle et attentionnée.

Au début, ils se voyaient plusieurs fois par mois.

Puis de plus en plus souvent.

Victor payait ses voyages et ses achats coĂ»teux. Plus tard, il l’avait aidĂ©e Ă  obtenir un appartement qu’il avait louĂ© Ă  son propre nom.

Mais quelques semaines auparavant, Sophie avait commencĂ© Ă  rĂ©clamer une importante somme d’argent, prĂ©tendument pour crĂ©er sa propre entreprise.

Victor avait refusé de lui donner cet argent sans contrat ni plan financier.

AprÚs cela, elle avait commencé à se comporter étrangement.

Et la veille, le comptable de son entreprise avait remarquĂ© une tentative de modification des coordonnĂ©es bancaires d’un paiement destinĂ© Ă  un sous-traitant.

Le virement n’avait pas Ă©tĂ© effectuĂ© : un contrĂŽle interne l’avait bloquĂ©.

La demande Ă©lectronique contenait une fausse autorisation ainsi que les donnĂ©es personnelles de Daniel, prĂ©sentĂ© comme reprĂ©sentant de l’entreprise bĂ©nĂ©ficiaire.

— Je ne connais aucune entreprise de ce genre ! s’exclama Daniel.

— C’est prĂ©cisĂ©ment pour cela que tu es ici, rĂ©pondit Victor. J’ai dĂ©jĂ  transmis les documents Ă  mon avocat. Et je veux que tu connaisses la vĂ©ritĂ© avant qu’on commence Ă  t’interroger officiellement.

Daniel enfouit son visage dans ses mains.

— Je comptais la demander en mariage samedi.

Victor garda le silence.

— J’ai dĂ©jĂ  achetĂ© la bague. J’ai Ă©conomisĂ© pendant deux mois.

— Je suis dĂ©solĂ©.

— Tu n’as pas besoin d’avoir pitiĂ© de moi.

Daniel se leva.

— Je veux tout entendre de sa bouche.

Victor acquiesça.

— Alors appelle-la.

Mais Sophie ne répondit pas.

Une heure plus tard, un message arriva : elle attendait Daniel Ă  la maison Ă  dix-neuf heures.

Victor proposa de l’accompagner, mais Daniel refusa.

— Je vais d’abord lui parler seul. Tu pourras venir une demi-heure plus tard.

À dix-neuf heures, Daniel ouvrit la porte de son appartement.

Des bougies brûlaient dans le salon.

Sur la table se trouvaient des verres, des amuse-bouches et une bouteille de vin coûteux.

Sophie sortit de la chambre dans une courte robe noire.

Ses longs cheveux blonds tombaient librement sur ses épaules.

— Surprise ! lança-t-elle en souriant. Alors, qu’en penses-tu ?

Daniel ne répondit pas.

— Qu’est-ce qui se passe, mon amour ?

Il posa sur la table une photographie prise sur un yacht.

Son sourire disparut.

— Qui est-ce ? demanda-t-il.

Sophie regarda la photo.

— Un des clients de l’agence.

— Victor Holm ?

Elle pĂąlit.

— Comment connais-tu son nom ?

— Il m’a racontĂ© aujourd’hui qu’il finance ton train de vie depuis deux ans.

Sophie resta silencieuse pendant quelques secondes.

Puis elle éclata brusquement de rire.

— Et tu as cru cet homme ? Daniel, il est complĂštement obsĂ©dĂ© par moi !

— Il m’a montrĂ© les virements bancaires.

— C’est un homme riche. Il peut fabriquer tous les documents qu’il veut !

Daniel sortit son téléphone.

— Alors explique-moi pourquoi mon passeport a Ă©tĂ© utilisĂ© lors d’une tentative de transfert d’argent depuis son entreprise.

Sophie recula.

— Je peux tout expliquer.

— Alors explique.

Elle s’assit sur le canapĂ©.

— Je voulais ouvrir un salon de beautĂ©. Victor avait promis de m’aider, puis il a changĂ© d’avis. J’ai dĂ©cidĂ© de prendre cet argent comme une avance. Je comptais tout rembourser.

— Pourquoi as-tu utilisĂ© mes documents ?

— Parce que c’est en toi que j’ai confiance !

Daniel n’en croyait pas ses oreilles.

— Tu as utilisĂ© mes documents personnels sans mon autorisation et tu appelles cela de la confiance ?

— Je l’ai fait pour nous !

— Non, Sophie. Tu l’as fait pour toi-mĂȘme.

À cet instant, on sonna à la porte.

Victor se tenait sur le seuil.

Sophie se figea.

— Toi ?! Qu’est-ce que tu fais ici ?!

— Je suis venu rĂ©cupĂ©rer les clĂ©s de la voiture et de l’appartement, rĂ©pondit-il.

— Tu n’as pas le droit !

— La voiture est immatriculĂ©e au nom de mon entreprise. C’est moi qui loue l’appartement. Mon avocat a dĂ©jĂ  envoyĂ© les notifications nĂ©cessaires. Je ne vais pas discuter pour savoir ce qui appartient Ă  qui.

Sophie se tourna vers Daniel.

— Tu vas le laisser me parler comme ça ?!

Daniel la regarda calmement.

— Et toi, comment m’as-tu parlĂ© pendant toutes ces annĂ©es ?

Elle se précipita vers lui.

— Daniel, je t’aime !

— Alors pourquoi m’as-tu menti pendant deux ans ?

— J’avais peur de te perdre !

— Tu avais peur de perdre ta vie confortable.

Sophie se mit Ă  pleurer.

Mais Daniel n’arrivait plus Ă  savoir si ses larmes Ă©taient sincĂšres.

Victor posa un dossier sur la table.

— Je n’ai aucune intention de discuter de notre relation. Les spĂ©cialistes s’occuperont des documents financiers. S’il est Ă©tabli que tu as tentĂ© de dĂ©tourner de l’argent, tu devras rĂ©pondre de tes actes devant la justice.

— Tu veux me dĂ©truire ?! hurla Sophie.

— Non. Je veux mettre fin à cette tromperie.

Elle regarda les deux hommes.

Et pour la premiÚre fois de la soirée, elle comprit que ses méthodes habituelles ne fonctionnaient plus.

Victor ne paierait pas pour ses erreurs.

Et Daniel ne croyait plus Ă  ses promesses.

— TrĂšs bien, dĂ©clara-t-elle froidement. Vous avez donc dĂ©cidĂ© tous les deux de vous dĂ©barrasser de moi ?

— Tu as fait ton choix toute seule, rĂ©pondit Daniel.

Il ouvrit la porte.

— RĂ©cupĂšre tes affaires. Nous discuterons du reste demain.

Sophie partit chez une amie.

Le lendemain, Victor commença les dĂ©marches pour rĂ©cupĂ©rer les biens qui lui appartenaient, ainsi qu’à son entreprise.

Des avocats examinĂšrent les comptes bancaires et les documents.

La tentative de virement n’avait jamais abouti, mais l’enquĂȘte sur les circonstances financiĂšres se poursuivait.

Sophie perdit l’accĂšs Ă  la voiture de luxe et Ă  l’appartement qu’elle considĂ©rait comme les siens.

Quelques semaines plus tard, on dĂ©couvrit qu’elle devait de l’argent Ă  plusieurs connaissances auxquelles elle avait promis des bĂ©nĂ©fices importants grĂące Ă  une entreprise qui n’existait mĂȘme pas.

Elle dut alors chercher un emploi ordinaire et louer une petite chambre.

Daniel, quant Ă  lui, reprit son ancienne vie.

Les premiĂšres semaines furent difficiles.

Il se surprenait parfois à vouloir écrire à Sophie.

Il se souvenait de son rire, de leurs premiers rendez-vous et de leurs petits-déjeuners ensemble.

Mais ensuite, il regardait la photographie sur laquelle elle embrassait Victor et repensait aux documents portant son nom.

Un soir, Victor l’appela.

— Comment vas-tu ?

— Ça va. Je travaille.

— Écoute, je voulais m’excuser.

— De quoi ?

— Je savais que Sophie avait eu un homme avant moi. Mais je n’ai jamais posĂ© de questions. Il Ă©tait probablement plus confortable pour moi de croire ce qu’elle racontait.

Daniel eut un sourire amer.

— Pour moi aussi.

Ils se retrouvĂšrent dans le mĂȘme cafĂ©.

Cette fois, Victor était venu sans dossier.

— Tu sais ce qui est le plus dĂ©sagrĂ©able ? demanda-t-il. Je ne lui refusais rien financiĂšrement. Je pensais qu’elle Ă©tait avec moi parce qu’elle se sentait bien Ă  mes cĂŽtĂ©s.

— Et moi, je pensais qu’elle m’aimait justement parce que j’étais un homme simple.

Victor hocha la tĂȘte.

— Finalement, nous n’avons vu tous les deux que la Sophie qu’elle voulait nous montrer.

AprÚs cette rencontre, les deux hommes ne devinrent pas immédiatement amis.

Mais quelques semaines plus tard, Victor contacta Daniel pour lui faire une proposition professionnelle.

Plusieurs ensembles rĂ©sidentiels appartenant Ă  son entreprise avaient besoin d’un entretien rĂ©gulier de leurs appareils Ă©lectromĂ©nagers.

Daniel Ă©tablit un devis, proposa un calendrier d’intervention et rĂ©alisa une premiĂšre mission.

Victor fut satisfait.

Peu aprÚs, Daniel ouvrit un petit atelier de réparation avec un vieil ami.

Il investit ses propres Ă©conomies, puis commença Ă  assurer l’entretien de plusieurs immeubles de Victor dans le cadre d’un contrat commercial ordinaire.

Six mois passĂšrent.

Un soir, Sophie aperçut Daniel devant un supermarché.

Il portait une veste simple, ses cheveux avaient un peu poussĂ© et ses mains portaient des traces d’huile mĂ©canique.

Il avait toujours l’air aussi modeste que dans ses souvenirs.

— Daniel ?

Il se retourna.

— Bonjour, Sophie.

Elle sourit.

— J’ai entendu dire que tu avais créé ton entreprise.

— Oui. Elle est encore petite.

— Je suis contente pour toi.

Sophie hésita un instant, puis lui prit soudain la main.

— Tu sais, j’ai compris beaucoup de choses pendant ces derniers mois. J’ai tout perdu. Victor a rĂ©cupĂ©rĂ© la voiture, j’ai dĂ» quitter l’appartement. Maintenant, je travaille comme rĂ©ceptionniste dans un salon de beautĂ©. Mais ce que je regrette le plus, c’est de t’avoir perdu.

Daniel retira doucement sa main.

— J’espùre que les choses s’arrangeront pour toi.

— Peut-ĂȘtre pourrions-nous recommencer Ă  zĂ©ro ?

Il secoua la tĂȘte.

— Non, Sophie.

— Mais j’ai changĂ© !

— Peut-ĂȘtre. Seulement, moi aussi.

Elle détourna le visage pour cacher son irritation.

Et soudain, elle remarqua qu’un homme familier s’approchait de Daniel.

Grand, large d’épaules, avec de courts cheveux gris et des tatouages dans le cou.

Victor Holm.

Sophie se figea.

— Qu’est-ce qu’il fait ici ?!

Victor tendit un dossier Ă  Daniel.

— Tout est approuvĂ©. Nous pouvons commencer le mois prochain.

Daniel acquiesça.

— Merci. Je ne te dĂ©cevrai pas.

Sophie regardait alternativement les deux hommes.

— Vous
 vous travaillez ensemble ?

Victor la regarda.

— Oui.

— Depuis quand ?!

— Depuis quatre mois.

Elle eut un rire nerveux.

— Je ne comprends pas. Daniel rĂ©pare des machines Ă  laver, et toi, tu possĂšdes des entreprises de construction !

— C’est prĂ©cisĂ©ment pour cela que je l’ai contactĂ©, rĂ©pondit Victor. Nos immeubles ont constamment besoin d’entretien pour leurs appareils Ă©lectromĂ©nagers. Il a proposĂ© des conditions raisonnables et a rĂ©alisĂ© les premiĂšres missions avec sĂ©rieux et honnĂȘtetĂ©.

Sophie pĂąlit.

— Alors maintenant, tu travailles pour lui ?

Daniel secoua la tĂȘte.

— Non. J’ai mon propre atelier. L’entreprise de Victor est l’un de nos clients.

Elle les regardait comme si elle les découvrait pour la premiÚre fois.

— Et combien gagnes-tu maintenant ?

Daniel haussa les sourcils, surpris.

— Sophie, cela ne te regarde plus.

Mais le vĂ©ritable choc l’attendait encore.

Victor ouvrit le dossier et en sortit la derniĂšre feuille.

— Au fait, Daniel, fĂ©licitations. Ton premier gros contrat a Ă©tĂ© approuvĂ©. Si tout se passe bien, tu pourras embaucher deux techniciens supplĂ©mentaires.

Sophie déglutit péniblement.

— Daniel
 Pourquoi ne m’as-tu rien dit ?

Il la regarda.

— Tu ne m’as jamais interrogĂ© sur mes projets. La seule chose qui t’intĂ©ressait, c’était de savoir pourquoi je ne pouvais pas t’acheter une voiture plus chĂšre.

Sophie baissa les yeux.

— J’ai fait une erreur.

— Non, rĂ©pondit calmement Victor. Une erreur, c’est quand quelqu’un fait accidentellement quelque chose de mal. Toi, tu nous as menti Ă  tous les deux pendant deux ans et tu as utilisĂ© les documents d’une autre personne.

Elle se tourna brusquement vers lui.

— Alors tu as dĂ©cidĂ© de rendre mon ex-petit ami riche juste pour te venger de moi ?!

Victor eut un sourire ironique.

— Tu n’as toujours rien compris. Je ne lui ai pas donnĂ© un centime. Il a obtenu ce contrat grĂące Ă  son travail.

Sophie voulut répondre, mais resta silencieuse.

Daniel s’apprĂȘtait Ă  partir lorsque Victor l’arrĂȘta soudain.

— Attends. Il y a encore quelque chose.

Il sortit une petite enveloppe de la poche intérieure de sa veste.

— Tu te souviens de cette tentative de virement ?

Daniel se crispa.

— Bien sĂ»r.

— La vĂ©rification est terminĂ©e. Il s’avĂšre que Sophie n’a pas seulement utilisĂ© une copie de ton passeport. Elle a Ă©galement indiquĂ© ton nom dans les documents d’une sociĂ©tĂ© qu’elle comptait utiliser pour recevoir l’argent.

Sophie devint livide.

— Victor, ne fais pas ça


— Pourquoi ? demanda-t-il. Daniel a le droit de savoir.

Il lui tendit l’enveloppe.

À l’intĂ©rieur se trouvait une copie d’une demande d’immatriculation d’entreprise.

Dans la case réservée au futur dirigeant figurait le nom de Daniel.

Et juste à cÎté se trouvait une signature étonnamment semblable à la sienne.

— C’est un faux, murmura-t-il.

— Une expertise a dĂ©jĂ  confirmĂ© que cette signature n’est pas la tienne, rĂ©pondit Victor. L’immatriculation a Ă©tĂ© bloquĂ©e. Les documents ont maintenant Ă©tĂ© transmis aux enquĂȘteurs.

Daniel leva les yeux vers Sophie.

— Tu voulais que ce soit moi qui porte la responsabilitĂ© si quelque chose tournait mal ?

Elle éclata en sanglots.

— Je pensais que tout fonctionnerait ! L’argent serait arrivĂ© sur le compte, j’aurais ouvert le salon, puis j’aurais tout remboursĂ© !

— Et si cela n’avait pas fonctionnĂ© ?

Sophie garda le silence.

— Tu comptais m’épouser, poursuivit Daniel. Et en mĂȘme temps, tu prĂ©parais des documents qui auraient pu me faire accuser de fraude financiĂšre.

— Je ne voulais pas que tu sois puni !

— Mais tu Ă©tais prĂȘte Ă  risquer mon avenir pour ton argent.

Victor rangea le dossier.

— Daniel, nous devons y aller.

Ils se dirigĂšrent vers la voiture.

Sophie courut derriĂšre eux.

— Daniel ! Attends !

Il s’arrĂȘta.

— Quoi encore ?

Elle le regarda dans les yeux.

— Dis-moi au moins que tu pourras peut-ĂȘtre me pardonner un jour.

Daniel resta longtemps silencieux.

— Peut-ĂȘtre, Sophie. Mais pardonner ne signifie pas que je dois te laisser revenir dans ma vie.

Il monta dans la voiture.

Sophie resta seule sur le parking.

Pour la premiĂšre fois, elle comprit que sa plus grande erreur de jugement n’avait mĂȘme pas Ă©tĂ© d’avoir trahi deux hommes.

Elle avait considĂ©rĂ© l’un comme trop ordinaire pour rĂ©ussir un jour.

Et l’autre comme trop amoureux pour jamais lui dire non.

Elle s’était trompĂ©e sur les deux.

Quelques mois plus tard, Sophie dut rĂ©pondre aux questions des enquĂȘteurs concernant les documents falsifiĂ©s et la tentative de transfert d’argent. L’issue de l’affaire restait inconnue.

Victor coupa définitivement tout contact avec elle.

Daniel continua à développer son atelier, embaucha son premier employé et ne revint jamais à son ancienne relation.

Un jour, Sophie aperçut une petite photographie dans le journal local.

On y voyait Daniel et Victor devant un nouvel atelier de réparation.

Sous la photo, on pouvait lire :

« Un entrepreneur local signe un contrat pour l’entretien des appareils Ă©lectromĂ©nagers de plusieurs ensembles rĂ©sidentiels. »

Sophie contempla longtemps la photographie.

Ce n’est qu’à cet instant qu’elle comprit l’amùre ironie de la situation.

Pendant deux ans, elle avait essayĂ© de transformer un homme riche en source d’argent et un homme modeste en couverture pratique.

Mais finalement, ces deux hommes avaient trouvĂ© un terrain d’entente, construit une collaboration professionnelle honnĂȘte et poursuivi leur vie sans elle.

Elle avait voulu l’argent de Victor et la fidĂ©litĂ© de Daniel. Et elle avait failli laisser Daniel rĂ©pondre d’un crime qu’elle avait elle-mĂȘme tentĂ© de commettre.

Et l’homme qui avait autrefois Ă©tĂ© le plus confiant dans sa vie Ă©tait finalement devenu le seul qui ne croirait plus jamais Ă  aucune de ses promesses. ❀